05.05.2008
Germaine Tillion
Ma bibliothèque (en fait, un amas de livres posés les uns sur les autres) vient d’être agrémentée de deux livres de Germaine Tillion, dont je rappelle qu’elle était (elle vient de décéder à plus de 100 ans) ethnographe : Ravensbruück (où elle a été internée de longs mois) ainsi que ses œuvres complètes qui relatent ses expériences dans l’algérie avant et après le colonialisme. Cette femme est formidable. Malgré les douloureuses périodes qu’elle a vécues, elle écrit avec humour et légèreté mais toujours avec une grande précision. C’est très appréciable de passer du temps avec une personne de grande culture qui sait se montrer à la hauteur de tous. Personnellement, mon inculture générale ne trouve aucun complexe à lire Germaine Tillion. Je considère que c’est donc une lecture hautement recommandable.
22:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : germaine tillion, lecture
16.04.2008
l'affaire Ranucci
Je me souviens d’avoir vu, il y a de cela longtemps, le film « Le pull-over rouge ». Mais pas moyen de me remémorer les sentiments qu’il a pu m’inspirer. M’avait-il convaincue de l’innocence ou de la culpabilité de Ranucci ? En fait, je me souviens surtout que ce film m’a aidée à voir que la peine de mort est elle aussi un crime, un crime d’état. En cela, le film a atteint l’un de ses objectifs. Mais en lisant par la suite le livre de Gilles Perrault, qui a donné toutes ses « lettres de noblesse » à cette affaire (et dont le livre sert de base au film), l’auteur m’a paru aussi très convaincant dans sa conviction de l’innocence de Ranucci. Mais quelques détails sur le déroulement de l’affaire m’ont tout de même chiffonnée. D’abords l’existence de ce pull over rouge que madame Mathon (mère de Ranucci), a déclaré comme étant impossible qu’il appartint à son fils « Car il détestait le rouge ». Rien que cet excès de langage me semble douteux, d’autant que trouvé sur les lieux du crime, il ne prouvait en rien qu’il concerna Ranucci. Il se trouvait également dans la voiture du fils, un paquet de gâteaux de la marque Brun. Là aussi, la mère très aimante s’est écriée que son fils détestait ces gâteaux à cause du souvenir d’être passé alors qu’il était petit garçon, nombre de fois devant une usine en fabriquant, et que l’odeur qui en émanait l’aurait écœuré à vie. Sans doute voulait-elle faire croire qu’un véritable criminel se serait amusé à mettre tous ces détails sous les pas de son fils pour le faire accuser ! Mais pourquoi mettre des indices que Ranucci était censé mépriser ? !!! Mais ce qui m’a troublée le plus, c’est la tentative de meurtre dont aurait été témoin le jeune garçon de la part de son père sur sa mère. Une agression à coups de couteau ! Je trouve qu’il y a là au moins deux indices qui relèvent du remake ! Des gâteaux que Ranucci n’aime pas, des coups de couteaux, deux éléments qui auront sans doute marqué sa vie, mais qui ne pouvaient réapparaître que dans des moments d’exceptions, comme pour bien séparer la conduite de Ranucci dans le quotidien, et celle de son inconscient quand il ressurgit de manière violente. Des petits gâteaux Brun pour les enfants, des coups de couteaux en souvenirs, un meurtre au final. Il y a beaucoup de similitude entre l’histoire de Ranucci enfant, et celle du meurtre dont il est accusé de la jeune Marie-Dolores Rambla. C’est assez impressionnant. Le livre de Gérard Bouladou, inspecteur de police ou quelque chose comme ça, s’il est moins convaincant dans sa volonté de prouver la culpabilité de Ranucci, par manque de talent dans l’écriture sans doute, malgré tout, donne d’aussi vrais arguments. Ceci dit, si j’avais été juge au procès de Ranucci, j’aurai répondu très exactement qu’en mon âme et conscience, puisque c’est ce qui est demandé aux Assises, que Ranucci est coupable. En revanche, si l’on m’avait demandée, y-a-t’il des preuves indubitables de la culpabilité de Ranucci, j’aurais répondu Non… d’où l’intérêt de l’abolition de la peine de mort pour éviter les conséquences de ce genre de dualité.
Enfin, un passage du livre de Gérard Bouladou m’a troublée, où il raconte l’histoire de Jean Rambla, le frère de la victime. Agé d’à peine 6 ans le 4 juin 1974, date de l’enlèvement et du meurtre de sa soeur, il aura passé ensuite toute sa vie à ressasser cette affaire et sans doute à traîner une culpabilité, qui ne lui revenait évidemment pas. Le jour des faits, il a laissé seule sa sœur, plus âgée, pour aller chercher un soi-disant chien à la demande de ce qui n’était encore qu’un simple monsieur de passage. Interrogé, toujours au centre de l’affaire, interpellé par le succès d’un Gilles Perrault convaincu de l’innocence de Ranucci, invité à des émissions pour en parler, il n’a pu, à mon avis, que souffrir au quotidien de cette situation. D’autant que la mode n’était pas encore au suivi psychologique d’office. En lisant le livre, je me demandais comment il pouvait s’être sorti de tout ça. Bien mal, à en lire la fin du livre. En 2005, il a été accusé du meurtre de sa patronne pour des raisons de salaire. Au final, il a reproduit avec sa sensibilité des choses vécues enfant…. Tout comme a pu le faire Christian Ranucci.
17:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ranucci, gilles perrault, crime, lecture
30.10.2007
Lecture
Pierre Jourde « Pays perdu »
Il faut lire ce petit bouquin qui en dit long sur les mœurs auvergnates lorsqu’elles sont isolées à l’abri de presque tout regard ! … et de comparer la vision de ce monde là avec quelques nouvelles de Jean Anglade, auteur très avisé également sur l’Auvergne.
19:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BD, Lyons-la-Forêt, lecture
09.07.2007
Fidel Castro
TAD SZULC
« Castro, 30 ans de pouvoir absolu »
Ed. : Payot
972.91.SZU
Ecrit en 1986, cette analyse de l’entrée au pouvoir de Fidel Castro, remet en perspective le pouvoir d’un dictateur, dont on ne sait s’il était à ses débuts (avant de devenir définitivement Fideliste !), socialiste ou communiste, bien qu’il se soit toujours et surtout reconnu comme léniniste, c’est-à-dire, politiquement opportuniste et révolutionnaire. Avec un tel bagage, il va de soi, qu’il est également et farouchement, contre tous les contre-révolutionnaires. Gare donc, aux contre-Fidelistes !
Dans cette biographie, on y croise évidemment le Che, figure mythique et puriste dans sa vision politique. On croit comprendre tout de même que ses excès idéologiques n’ont pas toujours été soutenus par Castro, et que son dispositif en tant que ministre de l’économie, trop exigeant, a fini par mettre à mal le pays et Castro au final. Voilà une situation qui a dû tenter le Che d’aller voir ailleurs. Mieux formé pour des changements radicaux que pour la gestion d’un pays, c’est en Bolivie qu’il ira faire don de son idéalisme politique et, de sa vie ! Tout ceci se sera fait très rapidement et dans un secret que près de 30 plus tard, Castro n’explique toujours pas. Dispute avec Castro ? Départ peu préparé ? En tout cas depuis, le Che est devenu une icône… qui sert trop bien à Castro, pour que celui-ci révèle une réalité plus terre-à-terre.
Tad Szulc décrit, dans ce gros pavé, les années avant et après la prise du pouvoir de Castro, ses relations complexes autant avec l’URSS qu'avec des Etats-Unis toujours très réactifs quand il s’agit d’imposer leurs lois. De tentative de meurtre sur la personne de Castro, à blocus économique, les Etats-Unis auront fait du Cubain le plus célèbre de la planète un opposant, qu’il n’était pas clairement à ses débuts.
Au final, malgré l’absence d’une analyse des 30 années suivantes du pouvoir de Castro, le livre reste un document fort et précis, mais qui démontre involontairement que notre monde de l’information et de la connaissance ne peut faire de nous, que des spectateurs aux informations tronquées. Car ce que les quelques minutes d’informations télévisées quotidiennes arrivent à nous dire, n’expliquent pour ainsi dire rien, des situations complexes qui nous entourent. Tant les mensonges et les déceptions peuvent survenir de tous les côtés.
14:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bibliothèque, lyons-la-foret, lecture, fidel castro
22.02.2007
Tacler
En lisant le journal Libération, on peut constater l'utilisation régulière du verbe "Tacler" !
"«François Bayrou a un projet curieux lorsqu'on sait que la totalité des parlementaires UDF sont élus avec les voix de la droite et du centre», a taclé hier le toujours ministre de l'Intérieur."
Ce verbe du jargon directement issu du monde du football, décrit l'action de bloquer avec le pied. Le joueur peut aussi utiliser la technique du "tacle glissé" en poussant ses deux pieds en avant pour "débarasser" l'adversaire de son ballon.
Il serait amusant de voir le ministre de l'Intérieur faire un tacle glissé... en pleine campagne, dans les champs, dans la boue pour contrer Bayrou.
08:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberation, lecture, bibliothèque
10.02.2007
Etre une femme politique...
Valérie Pécresse
"Etre une femme politique, ce n'est pas si facile"
Editions de l’Archipel
Députée des Yvelines depuis 2002 Rapporteure de la mission parlementaire sur la famille et les droits de l’enfant Porte-parole de l’UMP depuis 2004
Ce n’est pas si facile d’être une femme politique ? Franchement, être un lecteur (homme ou femme) n’est pas de tout repos non plus, parfois ! Passe la première moitié du livre qui se lit sans problème. Mais à partir du milieu, on décroche totalement. Surtout si on a le vice de se demander si Valérie Pécresse ne serait pas un peu hors sujet par hasard. Car c’est un véritable programme politique qu’elle expose, (même si elle daigne quasi rester à sa place, c’est-à-dire dans le domaine de la famille) dans ce livre, et pas du tout la situation de la femme dans la politique. Et les idées fusent à tel point, qu’à la fin des 257 pages, il ne reste, pour ainsi dire de cet amas de préconisations, rien que le lecteur puisse visualiser à terme pour s’enrichir avec. Tout juste ses sens sont-ils mis en éveil l'espace d'un instant, par l’affection déclarée de l’auteure pour la Marseillaise, symbole paraît-il, de l’amour pour la France ! ... Mais, y en a qui préfèrent les croissants, madame !
Marie
18:09 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Valérie Pécresse, lecture, bibliothèque
09.02.2007
Pouchkine.
Corinne Pouillot
« Pouchkine.
Le génie de l’amour »
Avec un sous-titre comme ça, on pourrait facilement s’imaginer que ce grand poète russe a connu l’amour. Il n’en est rien. Il a voleté ici et là, beaucoup, en s’attachant plus ou moins à celles-ci ou celles-là pour finalement se marier à une jeune femme trop jeune, trop belle, trop légère. Mais l’amour, le vrai, il ne l’a jamais connu. Il avait le don d’attirer malgré sa soi-disant laideur, mais guère de concrétiser et de tirer le meilleur de ses relations amoureuses.
C’est un duel qui mettra fin à sa carrière de Don Juan et de plus grand poète de la Russie.
Hélas, il méritait mieux, et surtout une meilleure biographie que celle de Corinne Pouillot, surement plus faite pour écrire des histoires d’amour, puisqu’elle a reçu en 2000 pour sa « Passion du Nil » un prix du roman d’amour. Mais qu’à cela ne tienne, ce livre invite tout de même dans une écriture plus que facile, à faire connaissance avec cet auteur russe qui ne manquait pas de style.
13:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pouchkine, lecture, bibliothèque
15.11.2006
A Beuzeville dans l’Eure
Dimanche 19 novembre, la Société des Auteurs de Normandie organise une journée dédicaces avec pour invités 31 auteurs.
Notons les présences de :
Michel de Decker : Historien, président de l’association citée ci-dessus, producteur d’émission sur FR3 région, et présent à heures régulières sur France Bleue
Denis Seznec : Toujours dans l’esprit de réhabiliter la mémoire de son grand-mère, d’après lui, injustement condamné au bagne en 1924.
Vladimir Fédorovski : ancien diplomate de Gorbatchev, il écrit des romans où se révèle la Russie dans ses mystères politiques.
Jocelyne De Pass : viendra certainement présenter ses mémoires de 20 ans de collaboration avec Cousteau.
Anne-Marie Gémiguani : ancienne militaire de carrière a écrit un livre sur « Une femme au royaume des Interdits »
Charles Pellegrini : ancien commissaire divisionnaire. Vient de paraître de lui « Banlieues en flammes »
Bonne visite et bonnes lectures
06:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture



